[Brown, James (1933- ), chanteur de rhythm'n'blues et de soul, et père du funk américain.] Né à Augusta (Géorgie) dans une famille d'ouvriers agricoles, James Brown travaille dès son plus jeune âge pour assurer sa survie. Tour à tour rabatteur de prostituées, cireur de chaussures et laveur de voitures, ce jeune homme passionné par le base-ball et par la boxe (qu'il pratique assidûment), tente de faire carrière dans le sport. Mais, après avoir gagné un concours de chant (il a également appris à jouer de la batterie, de l'orgue et du piano), il se tourne résolument vers une carrière de chanteur, interrompue par un premier séjour en prison. Une fois libéré, il fonde son propre groupe, The Famous Flames, et signe un contrat avec King Records. Il obtient son premier succès en 1956 avec « Please, Please, Please », où le chanteur, en s'émancipant de sa formation gospel, se rapproche de Little Richard : le chant cède la place aux ahanements, aux grognements et aux cris. Cette première partie de carrière placée sous le signe du rythm'n'blues atteint son apogée avec Live at The Apollo (1962). Véritable bête de scène, James Brown gagne à cette époque le surnom de « Mr. Dynamite » en s'appropriant la scène et le show grâce à un jeu de jambes extraordinaire (hérité de la boxe ?), une énergie et une agilité hors du commun. Le <<père>> du Funk À partir du milieu des années soixante et notamment de la chanson « Out of Sight », James Brown s'éloigne définitivement des canons du rythm'n'blues. Il entreprend une remontée musicale vers les racines de la musique afro-américaine. La dimension rythmique devient prépondérante : « Sex Machine », la composition phare emblématique de la naissance du funk, est fondée sur la répétition hypnotique d'un riff, indéfiniment joué sur un seul accord. Symbolisant l'homme afro-américain dans sa plénitude et sa fierté, James Brown s'impose sans rien devoir aux règles « blanches » du show-business. Il est naturellement perçu comme un porte-parole de sa communauté et le fer de lance de la lutte anti-ségrégationniste (« I'm Black ; Say It Loud ; Say It Proud » devient en 1968 l'hymne des Blacks Panthers). Il grave à cette époque d'innombrables classiques comme « I Got You (I Feel Good) », la ballade « It's Man's Man's Man's World » ou « Papa's Got a Brand New Bag ». Il connaît une décennie soixante-dix triomphale grâce aux chansons « Hot Pants », « Funky President », « Talking Loud and Saying Nothing », « I Got Ants in My Pants » et grâce à une excellente formation funky, The JB's (avec notamment le saxophoniste ténor Maceo Parker et le bassiste William « Bootsy » Collins, futur musicien de George Clinton). |

